Prise de parole aux Assermentations des Autorités communales 2021-2026

 

En ouverture des trois cérémonies d’assermentations, vos ministres ont salué les Autorités politiques et adressé un mot à l’assistance de la part des Eglises de La Vallée.

 

UN APPEL À LA CONVERSION

Et si, au culot, je vous adressais un appel à la… conversion ? Certes le terrain est miné mais en même temps, chacune et chacun, vous avez répondu à un appel au service de votre commune. Du reste, la vie en fourmille : l’appel de l’amitié, de l’amour, de la famille ; des sociétés, des œuvres, des instances politiques. Dans un sens, être appelé, c’est exister.

 

Et puis les conversions, ça vous connaît aussi : au masque, au Social Pass, à Twint –moi, pour mon plus grand bonheur, aux valeurs combières. Un changement de travail, de mode de vie, de pensée : à chaque fois, une conversion. Conversion, du grec metanoia : meta, à côté et noia-nous, esprit. Autrement dit, réfléchir à côté, out of the box, hors des sentiers battus. Comme dans la méta-pensée, cette science récente qui intègre la complexité de la réalité dans son analyse.

 

La conversion ? – Regarder autrement pour mieux regarder devant. Et ce à la suite de Jésus qui nous invite à quitter le jugement, s’ouvrir, offrir sa chance à tous. Le défi demeure, à La Vallée comme dans le reste du monde : à quelle conversion sommes-nous appelés, à quelles nouvelles solidarités ? L’appel à la conversion impacte nos relations horizontales autant que la verticale. Il s’agit de regarder en-haut pour mieux regarder devant et autour de nous.

 

Afin de ‘’réfléchir à côté’’, je vous laisse cette pensée d’Albert Einstein citée par Shafique Keshavjee dans son dernier livre, « La couronne et les virus » : « Si l’on dégage le judaïsme des prophètes et le christianisme tel qu’il fut enseigné par Jésus-Christ de tous les ajouts ultérieurs… il subsiste une doctrine capable de guérir l’humanité de toutes les maladies sociales. » (Comment je vois le monde)

 

Avec finesse, l’auteur a sous-titré son livre : « Et si Einstein avait raison ? »

Appel à la conversion.

      Temple du Sentier, mardi 25 mai (pasteur Antoine Schluchter)


 TES PROJETS SERONT AFFERMIS

Une cérémonie d’Assermentation, c’est un moment très particulier dans la vie d’une commune. J’aimerais en premier lieu adresser toutes mes félicitations aux personnes élues. Alors que de nos jours nous pointons souvent du doigt l’individualisme, l’engagement pour le bien commun, au sein d’une commune est très précieux.

Nous avons besoin de personnes qui, comme vous, choisissent de s’investir pour la collectivité, pour la société, pour le vivre ensemble. S’engager, cela demande du temps, du cœur, de l’énergie, une part de sacrifice à n’en pas douter.

Je me rappelle ces mots d’un pasteur à l’âge de la retraite. Il disait : « Ce qui a été le plus défiant pour moi dans mon ministère… c’est les gens ! » Je me suis dit : « Eh bien, pour un pasteur qui a passé sa vie à rencontrer des gens… ». Mais là où il dit vrai, c’est que collaborer, poursuivre des projets, construire ensemble dans le respect les uns des autres, c’est exigeant. Et passionnant à la fois !

J’aimerais vous laisser deux mots. Deux mots tirés de la Bible qui m’encouragent personnellement. D’abord ce verset du livre des Proverbes : « Recommande ton activité au Seigneur et tes projets seront affermis ». La tâche est grande. Mais tout ne repose pas sur nos seules épaules.

Et puis ces mots d’encouragement pleins de sagesse de l’apôtre Paul, qui était un bâtisseur plein de projets, un coach, un visionnaire : « Soyez dans la joie, travaillez à vous perfectionner, encouragez-vous, vivez en plein accord, dans la paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous. »

C’est ce que je vous souhaite de tout cœur à l’aube de cette nouvelle législature : une législature de solidarité et d’enthousiasme. Une législature fructueuse et gratifiante à tous points de vue. Je vous remercie.

Au temple du Lieu, jeudi 27 mai (pasteure Noémie Rakotoarison)


TROIS LIEUX-PHARES

À Lausanne, l’église réformée a décidé d’ouvrir trois lieux-phares pour partager autrement l’évangile à la population. Quels seraient les trois lieux-phares de votre commune : des lieux géographiques avec la bande le long du lac, son sentier, le chemin du pasteur, les activités lacustres ? Puis la bande médiane avec les villages, les principales habitations et son artère de communication. Puis tout ce qui monte depuis là, avec la forêt, les pâturages, les alpages et les cabanes. Ou bien faudrait-il sélectionner des lieux spécifiques et innovants comme Altitude 1004, la Disto et les quais du Pont, notre baie de St-Tropez ?

 

Au final, parmi une multitude d’options, un concentré de lieux-phares se trouve à l’emplacement de l’ancien prieuré. Avec la Tour : droite, solide, restaurée, visitable (!), un poste d’observation qui symbolise l’exercice de la justice, fondamental dans votre mandat. Ensuite, il y a la Croisée, maison d’accueil pour les cabossés de la vie qui ont besoin d’accompagnement, de sécurité pour leur réhabilitation ; et c’est le cas. J’y vois le symbole, et plus que cela, de la miséricorde, la bienveillance, l’empathie. Justice et miséricorde côte-à-côte, c’est déjà très fort.

 

Et puis, entre les deux, un peu comme une sauce liante ou un facilitateur, le temple, l’église : cet endroit où on peut pleurer un disparu, crier une prière, lancer un merci, se réjouir d’un bel événement et se mettre ensemble à l’écoute d’une parole inspirée et inspirante. J’y vois une invitation à une humble marche.

 

Avec la Tour de la Justice, la Maison de la Miséricorde et le Temple de l’Humilité, vous disposez de bons repères pour l’exercice de votre mandat, tant ces lieux-phares se complètent. On les retrouve dans une parole biblique adressée à tout humain. Elle concentre à la fois ce que Dieu demande et ce qui est bien car ce qu’il demande, c’est ce qui est bien, pour notre bien, pour le bien commun. Elle se trouve dans le prophète Michée (6.8) et c’est de là que je suis parti : « Ce que l’Eternel demande de toi, c’est que tu pratiques la miséricorde, que tu aimes la justice et que tu marches humblement avec ton Dieu. »

 

Ton Dieu, c’est le Créateur, le Rédempteur. En élargissant, ce peut aussi être ce qui est au-dessus de toi pour que tu ne sois pas ta propre référence mais que tu te réfères à plus grand que toi et que tu ne portes pas seul(e) le poids de ton engagement : ça fait rudement penser à la Providence. Alors, bon mandat et beaucoup de joie à vous toutes et tous dans votre service !

Grande salle de L’Abbaye, jeudi 27 mai (pasteur Antoine Schluchter)