Croyant, vous l’êtes ; et tiraillé, par manque de foi ou plus prosaïquement par réalisme ? Il s’avère qu’un croyant de la première époque, qui osait dire « soyez mes imitateurs » (Philippiens 3.17), a été un homme tiraillé et cela lui a clairement profité.

Entre bien et mal

Il s’agit de l’apôtre Paul qui confesse avec une humilité bouleversante : « Je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas » (Romains 7.19). Le tiraillement d’un croyant dont la conscience de son péché et de ses limites lui permet de mieux rebondir et de nous exhorter avec lui à « pratiquer le bien envers tous » (Galates 6.10).

Entre partir et rester

Du fond de son cachot, incertain de son sort, Paul fait une pesée d’intérêts : le choix est délicat. Être avec Christ serait « de loin le meilleur », mais dans la balance, le service des croyants finit par l’emporter : « Je sais que je resterai avec vous tous pour vous aider à progresser et à être joyeux dans la foi. » (Philippiens 1.21-26). Le tiraillement ne dure pas longtemps et devient un moteur d’engagement sachant ce qui, là-haut, attend le croyant.

En tension

Être en tension entre deux pôles, entre l’idéal et la réalité est source de motivation. Le chrétien peut bien vivre ce tiraillement car il se sait dépendant de la seule grâce de Dieu. De la sorte, plutôt que de sombrer dans le découragement, il peut « oublier ce qui est en arrière et tendre vers ce qui est en avant » (Philippiens 3.13) ; c’est cela, être en tension.

En imitation

Pour nous accompagner dans cette mise en tension dynamique, nous pouvons nous appuyer sur des modèles et –qui sait ?—l’être pour d’autres jusque dans nos tiraillements. En imitation de Jésus-Christ, comme le disait un moine du Moyen-Âge qui avait médité saint Paul : « Soyez mes imitateurs comme je le suis moi-même du Christ » (I Corinthiens 1.11).