Pour la télécharger, c’est ici : Néhémie 1. Retourne et reconstruis. Format culte

 

Dimanche 21 juin 2020

9h Le Lieu / 10h30 Le Sentier

Néhémie 2,1-6 + Néhémie 2, 11-20

Ephésiens 2, 19-22

Prédication 

Retourne et reconstruis

  1. Introduction

Retourne et reconstruis ! C’est le mot d’ordre ou le slogan qui traverse ces livres d’Esdras-Néhémie. Retourne là d’où tu viens, au cœur de ce qui est vraiment important pour toi.

Et reconstruis. 

Il y a quelques semaines, j’ai commencé à lire ces livres. Et ils ont fait écho à une partie de mon vécu –et peut-être du vôtre- de ces dernières semaines.

Sans être dans l’utopie, ces livres posent l’espérance concrète d’une reconstruction possible. Ils parlent de Dieu qui ouvre des portes et fait de grandes choses pour que cela soit possible. Dieu qui met son fardeau –dans le sens : son projet- sur le cœur de ses serviteurs qui deviennent des bâtisseurs. Zorobabel, Esdras, Néhémie : trois bâtisseurs bien intentionnés et incroyables compte tenus de la situation dans laquelle ils vont œuvrer.

Tout commence sur fond de crise et de difficultés –Jérusalem est en ruine et ses portes ont été ravagée par le feu– mais aussi avec de l’espérance.

Sans essayer de faire des parallèles trop étroits avec la situation qui était celle à Jérusalem, nous traversons aussi une période particulière. Nous sommes reconnaissants de ce que la vie reprenne : les écoles, les magasins, les restaurants, et nos cultes ! Bien sûr, tout n’est pas revenu comme avant –l’incertitude est bien là– mais nous sommes en mouvement.

Quelque part, nous sommes nous-aussi dans cette dynamique de construction et de reconstruction sur fond de crise.

Nos sociétés sont en reconstruction, l’économie est en reconstruction, nos relations sociales aussi, nos pays.

Et puis nos vies aussi, sont en construction. Nous sommes tous en chemin, avec nos idées, notre vécu, nos désirs profonds, nos espoirs. Nous sommes et restons en chemin.

Mais comme moi, vous êtes peut-être habité par cette question ? Comment construire ? Et comment se reconstruire ? Par quoi commencer ?

Je vous propose de plonger dans cette histoire de la Bible pour simplement la laisser nous inspirer. Comment eux, ont-ils reconstruit ? Par quoi ont-ils commencé ?

 

  1. Esdras et Néhémie : l’aide et le réconfort de Dieu

Dans les textes que nous avons lus, nous avons découvert l’appel et la vocation du gouverneur Néhémie. Dès le début, on voit que Dieu est à l’œuvre. D’abord en mettant sur le cœur de Néhémie ce fardeau, ce désir de reconstruire la muraille. Il est touché très profondément quand il apprend l’état dans lequel se trouve la ville. C’est le début de son ministère : à partir de là, les portes vont s’ouvrir. Il faut savoir que c’était très risqué de ne pas avoir bonne mine en présence d’un roi à l’époque : on condamnait pour moins que ça. Mais le roi va donner carte blanche à Néhémie, en lui permettant non seulement de rentrer mais aussi en lui ouvrant sa trésorerie…

Néhémie retourne à Jérusalem, élabore sa stratégie dans la discrétion en inspectant les murailles. Il encourage les magistrats sur place : «Je leur ai raconté comment la bonne main de mon Dieu avait reposé sur moi ». Cette expression est répétée 9 fois dans le livre. Fortifiés, les magistrats disent alors : levons-nous et mettons-nous au travail ».

Mais Néhémie n’est pas le premier appelé. Avant lui  il y a Zorobabel. Et puis il y a Esdras. Et chaque fois, c’est le roi perse en place qui lance le mouvement. Et on devine la présence de Dieu derrière ces événements.

Je crois que cela peut nous aider à nous rappeler que Dieu nous parle à nous aussi. Et il peut mettre des choses sur notre cœur. Quelle que soit la situation, aujourd’hui, le Seigneur continue de faire des choses étonnantes. Ca peut-être des petites choses. Une rencontre fortuite qui tombe à pic, l’intuition de devoir prendre des nouvelles que de quelqu’un et constater que ces nouvelles arrivent au bon moment.

On entend souvent des mauvaises nouvelles quand on regarde les informations, et cela peut décourager. Et bien soyons aussi attentifs aux petites choses que Dieu mets sur notre cœur, ces petites choses qui nous encouragent et qui peuvent bénir les gens autour de nous.

En hébreu, Néhémie cela veut dire : le réconfort de Dieu, ou Dieu réconforte. Et Esdras : l’aide. Soyons l’aide et le réconfort de Dieu !

 

  1. Comment reconstruire et se reconstruire?

Mais concrètement, comment Zorobabel puis Esdras et Néhémie ont-ils reconstruit la ville ? Comment s’y sont-ils pris ?

La reconstruction se fait en trois temps. On part du centre, et puis on élargit.

-L’autel

Le gouverneur Zorobabel d’abord, va commencer par reconstruire l’autel, puis le temple. L’autel, c’était la partie centrale du temple où le prêtre amenait les offrandes de reconnaissances à Dieu. C’est là aussi où les péchés du peuple étaient pardonnés. C’est le lieu du pardon et de la grâce et c’est là où la présence de Dieu se tenait. C’est le lieu du cœur à cœur avec Dieu.

Dans une ville dévastée, en commençant par reconstruire l’autel, c’est symboliquement la relation avec son Dieu que Zorobabel veut restaurer en premier.

C’est très parlant au sens où cela nous rappelle l’importance de nos temps de prière et de communions personnelle. C’est là où nous pouvons nous rappeler de Christ, de ce qu’il a fait pour nous, de la grâce qu’il nous accorde, de son amour pour nous. Notre foi et notre désir de regarder à Dieu, ce sont des fondements dans nos vies. J’aime beaucoup ce que Mère Térésa disait : «Plus l’on reçoit dans sa prière silencieuse, plus l’ont peut donner dans sa vie active ». Et c’est vrai, ce sont des temps où l’on reçoit beaucoup : de la paix, de l’amour, de la joie. Construisons et entretenons notre relation avec Dieu. Plaçons-là comme un fondement dans notre vie.

-La communauté

70 ans plus tard, c’est Esdras qui arrive à Jérusalem. La mission qu’il a reçue sur le cœur c’est de reconstruire la communauté. Esdras est scribe et prêtre. Il connaît très bien les Ecritures et il est très haut placé.

Pour reconstruire, il n’arrive pas avec les outils du maçon ou du charpentier mais avec celui du pasteur ou du chrétien : la Bible !

Vous trouvez dans les livres d’Esdras et Néhémie à plusieurs reprises des lectures publiques de la Torah, c’est-à-dire des 5 premiers livres de l’Ancien Testament. Et tout le peuple de Jérusalem est rassemblé pour écouter la lecture d’Esdras. Une estrade a même été aménagée pour l’occasion. Le peuple reste debout des heures durant, s’imprègne de la parole et la médite ensemble. Voilà les premiers cultes en plein air !

Le 2ème élément au cœur de la reconstruction : c’est la communauté. Pour nous, la communauté, c’est l’Eglise. C’est une communauté locale, qui nous permet de partager notre foi, de ne pas la vivre tout seul.

Ce qui est intéressant : la reconstruction de la ville de Jérusalem passe par celle de la communauté de foi. Nous ne sommes pas que dans une reconstruction matérielle. Et au cœur de cette communauté on trouve la bible.

Cela nous rappelle l’importance de la communauté chrétienne, du fait de se rassembler, de se soutenir, de discuter ensemble des Ecritures, de confesser notre foi ensemble, de prier les uns pour les autres, de prier pour nos autorités. Mais aussi d’être redevables les uns aux autres, de servir. C’est aussi une école de l’amour qui édifie et fait mûrir.

-La muraille

Le 3ème élément de la reconstruction : c’est la muraille. C’est le ministère de Néhémie. Une ville sans muraille, c’est une ville fragile, à la merci des attaques et des pillages. C’est une ville qui ne pourra jamais devenir une ville importante.

En prenant les murailles à cœur, c’est au service de la ville que Néhémie se place. C’est comme un gros projet communal dont tous les habitants bénéficieraient.

Cela représente l’engagement dans la société, initié ici par un homme de foi. Cela nous rappelle la force du service hors des murs de nos églises et cet appel comme chrétien et comme Eglise à nous engager pour le bien commun et à bénir largement autour de nous.

 

  1. Pour conclure

Voilà donc ce mouvement de construction ou de reconstruction qui traverse ces livres :

La relation personnelle avec Dieu, la communauté de foi, la société.

Et dans les trois situations, cela ne va pas sans opposition. Des adversaires se liguent contre les projets et les trois leaders doivent tenir, persévérer, chercher des solutions et continuer à croire…

Mais au final, la bonne main de Dieu amène les choses à leur achèvement.

Que cela puisse nous encourager aujourd’hui. Malgré l’incertitude, les difficultés présentes ; malgré les choses très lourdes que nous avons peut-être traversées et que nous portons :

Notre Dieu est un Dieu qui construit et qui reconstruit.

Notre Dieu est un Dieu qui nous reconstruit et qui désirent travailler avec nous à son œuvre.

Soyons attentifs à ce que Dieu nous met à coeur de construire et reconstruire avec Lui.

Les livres d’Esdras-Néhémie sont des livres de crise, d’incertitude et de sueur. Mais aussi d’unité, de courage, de joie et de foi.

Néhémie proclame : «La joie du Seigneur est votre force ».

Oui Seigneur, que ton amour et la joie de ton salut soient notre force.

Amen !

 

Bibliographie