Prédication sur Jean 10

Chaque culte de ce dimanche ayant un contexte spécifique, la prédication a été donnée sous deux formes en privilégiant la communication orale. Pour le site paroissial, je vous mets à disposition le passage biblique en entier ; il constitue à lui seul une prédication tant il est imagé et développé. Un bref commentaire suit le passage.

BRÈVE INTRODUCTION

À sept reprises dans l’évangile de Jean, Jésus se présente avec la formule solennelle « Moi, je suis… » et il le fait toujours en relation avec ce qu’il est et ce qu’il fait pour nous. Les images sont tirées de l’environnement et parlent d’elles-mêmes : « le pain vivant, la porte, le bon berger, le chemin, le cep ». Point culminant : « Je suis la résurrection et la vie » où Jésus utilise un concept certes connu, mais révolutionnaire en l’associant à sa personne.

1 Jésus dit : « Oui, je vous le déclare, c’est la vérité : celui qui entre dans l’enclos des moutons sans passer par la porte, mais en grimpant par un autre côté, celui-là est un voleur, un brigand.
2 Mais celui qui entre par la porte est le berger des moutons.

3 Le gardien lui ouvre la porte et les moutons écoutent sa voix. Il appelle ses moutons chacun par son nom et les mène dehors.
4 Quand il les a tous fait sortir, il marche devant eux et les moutons le suivent, parce qu’ils connaissent sa voix.

5 Mais ils ne suivront certainement pas un inconnu ; ils fuiront plutôt loin de lui, parce qu’ils ne connaissent pas la voix des inconnus. »
6 Jésus se servit de cette image pour leur parler, mais ses auditeurs ne comprirent pas ce qu’il leur disait.

7 Jésus poursuivit : « Oui, je vous le déclare, c’est la vérité : moi je suis la porte de l’enclos des moutons.
8 Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs, des brigands ; mais les moutons ne les ont pas écoutés.

9 Moi je suis la porte. Celui qui entre en passant par moi sera sauvé ; il pourra entrer et sortir, et il trouvera de la nourriture.
10 Le voleur ne vient que pour voler, tuer et détruire. Moi, je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance.

11 Moi je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses moutons.
12 Celui qui ne travaille que pour de l’argent n’est pas vraiment le berger ; les moutons ne lui appartiennent pas. Il les abandonne et s’enfuit quand il voit venir le loup. Et le loup se jette sur les moutons et disperse le troupeau.
13 Cet homme ne travaille que pour de l’argent et ne se soucie pas des moutons.
14 Moi je suis le bon berger. Je connais mes moutons et ils me connaissent,
15 de même que le Père me connaît et que je connais le Père. Et je donne ma vie pour mes moutons.
16 J’ai encore d’autres moutons qui n’appartiennent pas à cet enclos. Je dois aussi les conduire ; ils écouteront ma voix, et ils deviendront un seul troupeau avec un seul berger.

17 C’est pour cette raison que le Père m’aime, parce que je donne ma vie, pour ensuite la recevoir à nouveau.
18 Personne ne me prend la vie, mais je la donne volontairement. J’ai autorité pour la donner et j’ai autorité pour la recevoir à nouveau. Cela correspond au commandement que mon Père m’a donné. »

BREF COMMENTAIRE

Jésus se présente comme la porte, la porte de l’enclos des brebis.
Il est celui qui donne accès, celui par qui l’on passe, le point d’accès au Père. Mais aussi à la vie, la vraie (verset 10).

L’enclos rassemble et protège des dangers extérieurs, il constitue un lieu sûr.
L’humain a besoin d’un cadre sécurisé.
Mais pas d’enfermement, de cet enclos on entre et on sort également en toute sécurité, en étant accompagnés par le bon berger.
Vivre l’enclos de la communauté comme cet espace privilégié et donnant sens à nos allers et venues dans le monde des hommes.

Car au-dehors, dans le monde, la confrontation avec le mal est inévitable comme l’indiquent les images du voleur et du loup ravisseur. Et nous y sommes attendus, espérés en étant porteuses et porteurs d’autre chose.

Reste la catégorie symbolisée par le mercenaire, littéralement le salarié qui limite son engagement en faveur des brebis à la différence du bon berger qui donne sa vie pour elle. Mais qui a également le pouvoir de la reprendre ou la recevoir à nouveau.
Allusion à Jésus qui choisit d’offrir sa vie pour nous à la Croix et qui envisage de revenir à la vie, lui qui est… la résurrection et la vie, fondement de notre espérance.

Le Christ étant retourné vers son Père et nous ayant envoyé son Esprit, il nous assure de sa présence, de son accompagnement et de sa protection.
Tout en nous invitant à être non point des mercenaires de la foi mais des bergers pour notre prochain.

Qu’il s’agisse du témoignage qui lui est rendu ou de cette immense bienveillance tellement nécessaire face à la maltraitance, au mépris et à l’aliénation qui gangrènent les relations humaines et les structures sociales.

Un privilège et un défi tout à la fois.